Bonjours les fleurs déjà desséchées par la rentrée...
VOUS N'ETES PAS SEUL·ES, croyez moi...
Aux oubliettes la sacrosainte farniente, les 2 siestes quotidiennes, les instants de langueur où l'unique préoccupation réside à ne pas oublier les feuilles de basilic sur les tomates mozza... et les corps à corps endiablés autant de fois qu'on le veut...
Hier encore (non vous n'aviez plus 20 ans déjà) mais votre peau nue dorait 12h par jour au bord de l'eau ; aujourd'hui vous avez un agenda partagé, une liste de courses et un objectif unique qui se résume à... dormir. Bienvenue dans la libido de rentrée, ce moment de l'année où le désir semble avoir raté son train du retour.
Que ce soit very clear : non, il n'y a rien de cassé. Ce que vous vivez porte un nom, s'explique très bien, et surtout ne se répare pas à coups de bonnes résolutions. Alors on décortique.
Déjà, pourquoi la libido baisse assurément en septembre?
Spoiler vos vacances n'étaient pas votre « vraie » libido
Et c'est la big new de cet article (mais lisez quand même la suite hein). Ce que beaucoup de personnes prennent pour leur niveau de désir normal, c'est en réalité leur niveau de désir en l'absence de charge. Pas de réunion, pas de trajet, pas de mails, du sommeil, de la nouveauté, un décor inédit, et souvent plus de temps passé avec son ou sa partenaire qu'en onze mois cumulés.
Autrement dit : l'été n'est pas la référence, c'est l'exception. Comparer sa libido de septembre à celle du 15 août, c'est comme comparer sa forme physique à celle d'un jour où l'on n'a rien eu d'autre à faire que nager.
Le cerveau n'a que deux mains
La rentrée, c'est un pic de sollicitations simultanées : reprise du travail, organisation sociale, amicale ou familiale, budget, rythme, agenda, moultes cours d'essais gratuits à tester... OR l'attention n'est pas une ressource infinie. Quand elle est intégralement mobilisée par la logistique, il ne reste pas de bande passante disponible pour capter les signaux subtils de l'envie.
On est pas en train de dire que la charge mentale tue le désir hein. Mais force est de constater qu'elle empiète grandement sur la place où il aurait pu se nicher.
Le sommeil, ce grand oublié
Trois semaines de nuits raccourcies suffisent à faire chuter l'énergie, la patience et l'appétit (tous les appétits). Ajoutez la lumière qui décline, la mélatonine qui remonte, et un corps qui réclame surtout du repos. Ce n'est pas de la panne, c'est de la comptabilité.
Désir spontané, désir responsif : la distinction qui change tout
Voilà la partie qu'on aurait aimé apprendre plus tôt.
On nous a vendu une seule version du désir : celui qui arrive tout seul, sans prévenir, comme une envie de fraise. C'est le désir spontané. Il existe, il est réel, et il est particulièrement bavard en début de relation ou en vacances, partout où la nouveauté agit en reine globalement.
Mais il existe une autre mécanique, au moins aussi répandue : le désir responsif. Celui-là ne précède pas la situation, il y répond. Il ne se déclenche pas avant le contact, mais à partir de lui. On commence sans envie particulière, et l'envie arrive en route.
Pourquoi c'est capital en septembre ? Parce que quand on attend uniquement le désir spontané, on attend un invité qui, à cette période de l'année, ne sonne quasiment jamais à la porte. Et on en conclut, à tort, qu'il n'y a plus rien.
Une grande partie des personnes qui pensent avoir « perdu » leur libido de rentrée fonctionnent en réalité en mode responsif sans le savoir.
Ce qui aide vraiment (et ce qui n'aide vraiment pas du tout)
On oublie les injonctions
Se fixer un objectif chiffré, s'imposer une soirée obligatoire, ou culpabiliser à deux : trois excellentes façons d'ajouter de la pression sur un système déjà saturé. L'anxiété de performance est l'un des rares facteurs dont l'effet sur le désir est net et immédiat: ET C'EST CONTREPRODUCTIF.
On récupère avant de relancer
Ca paraît presque trop simple pour être une stratégie, et c'est pourtant la première : dormir. Puis rendre le quotidien légèrement moins chargé. Un désir qui remonte, c'est souvent juste un système nerveux qui n'est plus en dette.
On crée du contexte, pas de l'obligation
Le désir responsif a besoin d'un cadre pour se manifester : de la lenteur, du contact sans finalité, une conversation qui n'est pas une réunion avec 6 personnes. Un massage qui ne mène nulle part. Une douche à deux sans agenda. Un moment où personne ne performe.
On parle, mais pas de ça
Le piège classique des amoureux·ses de rentrée, c'est de transformer le sujet en dossier. Dire « je suis vidé·e, ce n'est pas contre toi » désamorce mille malentendus. Comparer les scores de la semaine, aucun.
On remet un peu de nouveauté
Puisque la nouveauté était l'un des moteurs de l'été, autant s'en resservir : changer de pièce, d'horaire, de rythme, ou introduire un objetdans l'équation. Ce n'est pas un aveu de faiblesse, c'est du bon sens sensoriel.
Et si ça ne remonte pas ?
Une baisse de désir liée à la rentrée s'étale généralement sur quelques semaines, le temps que le rythme se cale. Si la situation dure plusieurs mois, s'accompagne de douleurs, d'une fatigue qui ne cède pas, d'un changement hormonal, d'un traitement récent ou d'une souffrance dans la relation, ce n'est plus un sujet de saison et on vous invite évidemment à consulter des profession·nelles dédié·es.
Demander de l'aide sur sa vie intime est aussi banal que consulter pour un genou, et considérablement plus utile que d'attendre le printemps.
On répond à vos questions libido et rentrée
La baisse de libido en septembre, c'est fréquent ? Très. Elle correspond à un cumul de facteurs concentrés sur quelques semaines : dette de sommeil, hausse brutale de la charge mentale, fin de la nouveauté des vacances et diminution de la lumière.
Combien de temps ça dure ? Le plus souvent quelques semaines, le temps que le rythme se stabilise. Au-delà de deux à trois mois, ou en cas de douleurs et de fatigue persistante, un avis médical est indiqué.
Est-ce que ça veut dire que je n'ai plus de désir pour mon ou ma partenaire ? Pas nécessairement. Le désir peut être responsif, c'est-à-dire apparaître pendant le contact plutôt qu'avant. Une envie absente au repos n'annonce donc rien sur ce qui se passe une fois le contact établi.
KIFFEZ LEZ JOIES de septembre (fin de la canicule, retrouvailles avec les proches, nouvelles activités)... Essayez de voir la rentrée comme une manière de se réinventer, lachez-vous la grappe pour de vrai et le désir reviendra vous surprendre <3
xoxo




