Bonjouuuur Tendres topinambours,
La nuit tombe à 17h, les plaids vert olive et terra cotta reprennent leur place de star du salon et, clairement, la couette atteint une hype largement supérieure aux soirées karaoké… C'est tellement, tellement, tellment ok! Et vu que la période est propice aux grandes soirées lecture, on vous propose de plonger sous les draps des dites femmes de l’Hexagone 😈
On a commandé un observatoire du désir dit féminin à l'IFOP et on vous raconte <3
alors on a commandé à l’Ifop un Observatoire du désir féminin (rien que ça).
Spoiler : on fait moins l’amour qu’il y a vingt ans… on ne s’aime pas moins pour autant, on s'aime différemment.
Chiffres, raisons, pistes pour raviver l’envie : on vous déroule tout, tout, tout (vous saurez tout sur le... niark niark) sans jugement et sans compteur.
Ce que dit l'étude : moins de sexe, pas moins d'amour
Le constat tient en un chiffre : 26 % des personnes dites femmes en couple en France n'ont pas de rapports avec leur partenaire. C'est moins que la moyenne des pays du G7, mais la tendance est la même partout.
Le Japon fait figure de cas extrême, l'Italie d'exception. Pour l'Ifop, le modèle japonais n'est pas une curiosité lointaine mais « la forme la plus aboutie d'une tendance » présente dans tous les pays riches.
En France, les chiffres qui comptent
- 77 % des personnes dites femmes en couple ont moins de rapports qu'au début de leur relation. Seules 7 % en ont davantage.
- 41 % ont des rapports au moins une fois par semaine. Un tiers n'en a pas eu au cours du dernier mois.
- Sur vingt ans, la part de personnes dites femmes ayant des rapports au moins une fois par semaine est passée de 40 % en 2005 à 28 % en 2026 (ensemble des personnes dites femmes, en couple ou non).
- L'ancienneté pèse : 13 % des couples de moins d'un an sont sans rapports, contre 36 % des couples de plus de vingt ans.
- L'âge aussi : 11 % des 18-24 ans en couple sont sans rapports, 55 % des 65 ans et plus.
Et c'est là que ça devient intéressant : 71 % des personnes dites femmes en France se disent satisfaites de leur vie sentimentale. Chez celles en couple sans rapports, elles sont encore 63 %. Moins de sexe ne veut pas dire moins d'amour.
Mais pourquoi le désir s'effrite?
| Raison donnée spontanément | Part des personnes dites femmes en couple sans rapports |
|---|---|
| Le désir lui-même (baisse de libido, manque d'attirance, désintérêt) | 36 % |
| La santé (maladie, fatigue, douleurs, ménopause, traitements) | 31 % |
| L'âge | 17 % |
| La relation (conflits, routine, désamour) | 9 % |
| Le contexte de vie | 7 % |
| Un choix assumé | 4 % |
On imagine souvent que c'est une question d'agenda. L'étude dit autre chose : quand l'Ifop demande aux personnes dites femmes en couple sans rapports pourquoi, sans leur suggérer de réponse, le manque de temps et la charge mentale ne pèsent que 2 %. « L'abstinence conjugale est moins une affaire d'agenda que d'envie », résume l'Ifop.
Derrière ces chiffres, il y a des mots très simples : « Plus de libido », « On n'a plus envie », « Avec l'âge on a moins de désir, on a plus besoin de tendresse ». Et parfois, plus directement : « Parce que je m'ennuyais à mort lors des rapports ».
Le lien au ou à la partenaire compte aussi. Parmi les personnes dites femmes qui n'éprouvent pas de désir pour leur conjoint·e, 67 % sont sans rapports, contre 5 % de celles qui en éprouvent beaucoup. Rien de surprenant, mais ça rappelle une évidence : le désir ne se commande pas, il se nourrit.
Enfin, les sociologues parlent de « routinisation » : l'habitude installe un confort précieux, et fait parfois passer l'élan au second plan. L'Ifop met toutefois en garde contre une illusion d'optique : avec le recul, on a tendance à idéaliser les débuts.
S'aimer sans (trop) se désirer : un problème ?
Pas forcément. C'est peut-être l'enseignement le plus libérateur de l'étude : il n'y a pas une bonne fréquence, il y a votre fréquence.
En 2005, 81 % des personnes dites femmes jugeaient la sexualité importante pour être heureuse en amour. En 2026, elles sont 68 %. Pas un désintérêt, plutôt une manière plus libre de définir ce qui fait un couple heureux. La fin du « devoir conjugal », rappelle l'Ifop, est désormais actée jusque dans la jurisprudence. Tant mieux.
L'Ifop décrit deux visages de ces couples sans rapports :
- Un « après-sexe » apaisé, souvent lié à l'âge ou à la santé, où la tendresse prend le relais sans manque.
- Une distance subie, quand l'envie s'est éteinte sans qu'on en parle, et que ça pèse.
Toute la différence est là : choisi ou subi. Comme le dit Patrick Pruvot, fondateur de Passage du désir : « On peut continuer à s'aimer et se désirer moins. C'est l'effet de la routine, pas une fatalité. »
Si votre rythme vous convient, à vous deux (ou à vous toustes), rien à réparer. Si l'un·e de vous en souffre, ou si le silence s'est installé, c'est le signe qu'il est temps d'en parler. Et la bonne nouvelle, c'est que les personnes interrogées savent très bien ce qui pourrait raviver l'envie.
Raviver le désir : se parler, se toucher, jouer à deux
Quand on demande aux personnes dites femmes en couple ce qui augmenterait leur envie, la réponse n'a rien de spectaculaire. Elle est même très douce.
1. La tendresse sans arrière-pensée. Un geste, une attention, un câlin qui n'est pas une invitation. C'est le premier levier, y compris chez celleux qui n'ont plus de rapports (67 %). Le désir a souvent besoin de se sentir en sécurité avant de se réveiller.
2. Se parler de ses envies. 65 % le citent. Pas un grand débrief solennel : une question posée au bon moment, un « et toi, tu aimerais quoi ? ». Pour l'Ifop, ce silence est « peut-être le premier levier à actionner » pour que l'abstinence soit choisie plutôt que subie.
3. Du temps à deux, vraiment à deux. Sans enfants, sans téléphone, sans liste de courses. 62 % des personnes dites femmes en couple en rêvent.
4. Élargir la définition de l'intimité. Une personne dite femme sur deux aimerait une sexualité moins centrée sur la pénétration. Caresses, massages, moments sensuels sans objectif : 61 % des personnes dites femmes en couple en ont partagé au cours de l'année. « Une sexualité qui change n'est pas une sexualité qui s'arrête. Elle peut devenir plus lente, plus sensuelle, moins tournée vers la performance », souligne Patrick Pruvot.
5. Remettre du jeu. 46 % voient dans les jeux et les jouets un moyen de casser la routine. Ce chiffre grimpe à 62 % chez les moins de 25 ans, et à 70 % chez les personnes dites femmes qui ont des partenaires du même genre. Le jeu n'a ni âge ni configuration de couple.
Extrait de notre morning talk dédié à l'analyse ici à travers le débrief de Charline Vermont, du compte insta orgasme et moi <3
Et un dernier point, souvent oublié : 45 % des personnes dites femmes en couple estiment qu'un partage plus équitable des tâches domestiques nourrirait leur envie. Le désir se joue dans toutes les pièces d'un habitat finalement...
Choisir son intimité plutôt que la subir
Ce que nous dit cette étude, au fond, c'est que le désir n'est pas une ligne droite. Il monte, il redescend, il est mouvant, il change de forme avec les années, la santé, les enfants pour celleux qui en ont, la fatigue etc. Il n'y a pas de norme à atteindre, juste un dialogue à garder ouvert, à deux ou à plusieurs.
« Notre rôle est d'aider les couples à choisir leur intimité plutôt qu'à la subir », résume Patrick Pruvot. C'est exactement l'esprit dans lequel on a pensé nos calendriers de l'Avent 2026 : un peu de temps rien qu'à deux chaque soir, des défis pour se parler autrement, des soins pour prendre son temps et des jouets à découvrir ensemble.
Et si vous avez envie d'en parler de vive voix, nos conseiller·es formé·es à la sexologie et à l'inclusivité vous accueillent sans jugement dans toutes nos boutiques.
Pour aller plus loin sur le blog
- Libido de rentrée : retour à la terre ferme ?
- La masturbation : bienfaits physiques, psychologiques et idées pour varier les plaisirs
- Étude Kantar x Passage du désir : sexualité, le choc des générations
- LA question à poser dès le début de votre histoire
Méthodologie : étude Ifop pour Passage du désir, questionnaire auto-administré en ligne du 19 au 24 août 2026 auprès de 1 947 personnes dites femmes, représentatives de la population féminine française de 18 ans et plus, dont 1 240 en couple (méthode des quotas). Volet international : 3 607 personnes dites femmes des pays du G7, du 3 au 7 avril 2026. Données 2005 : Sofres pour Le Figaro Magazine, 526 personnes dites femmes interrogées en face-à-face les 21 et 22 septembre 2005.
XOXO les poussières d'étoile <3







